Une lumière blême
Jaillit de mes habits.
Solstice d'hiver.
Des tambourins de glaces cliquetantes.
Je ferme les yeux.
Il y a un monde muet
Il y a une fissure
où les morts passent la frontière
En cachette.
Au milieu de l'hiver, p. 327.
Tomas Transtromer
Je suis sur la montagne et contemple la baie.
Les bateaux reposent à la surface de l'été.
« Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
« Nous errons dans une maison assoupie.
Nous poussons doucement les portes.
Nous nous appuyons à la liberté. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller.
Elles suivaient le même cours ― une seule flotte.
« Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
Tomas Tranströmer, Baltiques, Œuvres complètes 1954-2004, Gallimard, Collection Poésie, 2004, page 96.
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